Après avoir reçu une invitation à titre de membre d'un groupe d'aventuriers québécois, j'ai pris 24 heures pour décider si je partais ou non. J'avais de multiples détails à régler avant d'officialiser mon engagement. Finalement après avoir confirmé avec l'équipe Atlas, j'ai pris un vol pour Halifax afin de m'embarquer sur un voilier de 65 pieds de long en direction de Sint-Maarten dans les Caraïbes. Un voilier qui faisait cale sèche depuis deux ans. Il était arrivé 2e sur la Volvo Ocean Race de 2002. Il devait avoir meilleure mine à ce moment! Le lendemain, le 13 novembre au soir après de multiples réparations et mises à niveau, l'équipage larguait les amarres plein sud en direction de l'île paradisiaque.
10 jours prévus en mer pour traversé l'Atlantique Nord. Un équipage composé de 12 personnes dont une majorité, 7 ou 8 sans aucune expérience de voile, ni même de haute mer. Première nuit calme mais ô combien difficile de fermer l'oeil. Avec le mouvement du voilier sur la houle, les vagues qui frappent la coque et une couchette inhabituelle imposant un angle de 45 degrés, pas facile de s'acclimater! De plus, chaque équipe de 4 ne dort jamais plus de 3h30 en ligne. Elle est appelée pour son tour de garde pendant la nuit. Vous voyez le portrait!!
Le lendemain est calme, l'équipage s'entraine sur le pont après le petit déjeuner. Et bien voilà, quelques minutes plus tard ce sera mon premier tour à la poupe pour régurgiter. Normal, c'est l'acclimation. Plus ça va, plus je vois des similitudes avec la montagne. Bref, pour ne pas vous écrire un roman, car ça c'est devenu un autre projet parti de cette aventure je vous résume la suite.
Arrivé le soir, je vais me coucher vers 19h pour mon premier sprint de sommeil avant mon premier quart de nuit. Finalement vers 22h... Je me réveil en entendant: "Tout le monde sur le pont avec gilet et harnais c'est urgent!". En frottant mes yeux et descendant de ma couchette, je réalise que le bâteau brasse énormément. J'ai de la difficulté à me tenir debout et en place. J'ai de la difficulté à enfiler ma culotte et mes bottes. Je me déplace vers l'avant pour saisir un gilet munis d'un harnais qui nous permet de nous attacher à une corde de vie sur le pont. Je monte les 3 marches qui me sépare du rideau attaché à l'ouverture qui me sépare du pont. En le tassant pour en sortir la tête, j'ai un choc. Nerveux s'il en est un. Beaucoup d'eau provenant de l'océan et beaucoup d'eau provenant du ciel. C'était comme si je débarquais sur la plage en Normandie. J'allais à la guerre. Je le sentais bien. Je voyais bien la peur et l'inquiétude dans les yeux de mes compagnons. Il fallait descendre la voile avant. Le quatuor précédent s'était fait prendre par la tempête qui n'avait pas crié garde. Dans l'obscurité avec comme seule lueur celle de la lune, je voyais la proue avec comme arrière plan l'océan puis la seconde d'ensuite le ciel puis encore l'océan. J'avais peur comme un gamin et je ne voulais pas y aller...
Voici seulement un bref aperçu de l'aventure. À suivre bientôt dans mon roman :)
